Une excellente année boursière pour EDF

Après une année 2018 marquée par une hausse de 30% de l’action d’EDF vue sur ce lien, (deuxième plus forte hausse de l’indice SBF 120 de la Bourse de Paris, qui parallèlement a perdu 13%), il est à craindre un recul de la valeur de l’action si on s’en tenait au projet gouvernemental de repousser l’échéance de réduction du nucléaire à l’an 2035. C’est une décision controversée qui ne manquera pas de créer la polémique et un bras de fer musclé entre l’exécutif et les différentes parties prenantes. Au cours de l’année écoulée,  le bureau d’études AlphaValue a estimé que l’augmentation d’un euro par MWh du prix de l’électricité s’est traduite par une augmentation de 6 à 7% du résultat net de l’entreprise. Même si la réorganisation du groupe prévue pour 2019 présente un élément de soutien (quoique purement spéculatif) pour le cours de l’action, le fait qu’il inclut une débat sur le nucléaire peut poser quelques handicaps.

 

Une réorganisation du groupe EDF

En effet, le géant français de l’énergie débute l’année sur un dossier très sensible. L’État français veut renationaliser le parc nucléaire de l’hexagone et créer un `nouvel EDF` EDF.PA dont le capital serait ouvert et qui engloberait les réseaux, les énergies renouvelables et les services. Il est prévu que le « nouveau EDF«  aurait un capital ouvert et devrait être une réalité courant 2019. Pour l’instant, l’exécutif tente de rassurer les syndicats de l’électricien national tout en mettant en place le cadre juridique et technique idéal à ce changement.

Mais le climat social très tendu dans l’hexagone laisse présager de longues et difficiles négociations. Du côté de l’Union Européenne, le Gouvernement va aussi devoir convaincre Bruxelles avec la proposition d’une nouvelle régulation des prix de l’électricité permettant de financer le parc nucléaire d’EDF. Il faudra aussi miser sur les activistes pro-environnement qui ne manqueront certainement pas de monter au créneau pour dénoncer un investissement dans le nucléaire qui est une source d’énergie controversée vu les risques plutôt élevés liés à son utilisation.

Dans un tel environnement, il est difficile que le gouvernement arrive à boucler ce dossier avant 2020.

Il faut donc s’attendre à des difficultés en cette nouvelle année pour EDF. Même si les perspectives d’une ouverture de capital et d’une revalorisation du parc nucléaire français attireront forcément de gros investisseurs, il faudrait  déjà rassurer ces derniers car beaucoup ont des doutes sur les coûts de production du nucléaire notamment en ce qui a trait aux coût de l’enfouissement des déchets et ceux liés au démantèlement des sites une fois leur date de péremption atteinte. Si tous ces facteurs arrivent à être maîtrisé, l’action EDF sera des plus lucratives à la bourse de Paris dans les prochaines années.

 

Réduire de 50% le nucléaire d’ici 2035

En tout cas, depuis l’annonce par le Président Macron de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE), les investisseurs anticipent une hausse de la valeur de l’action de l’électricien français. À l’annonce des grandes lignes du projet par le Président de la République, l’action EDF a d’abord basculé dans le rouge, avant qu’elle se redresse pour finir en hausse de 0,4% à la clôture.

Si vous êtes intéressés par l’action EDF, soyez attentifs et suivez les fluctuations. Certains événements ne manqueront pas de la faire dégringoler et d’autres la faire grimper en un rien de temps.